Valadon 1
publié par Lycée Suzanne VALADON

ID :1628

Pays : France

Datation :2010

Thèmes : Architecture

Mots-clef : Aucun mot-clef

Description générale

Point de départ Le Lycée... Nous avons d’abord interrogé Monsieur Audoin, agent chef du lycée à propos de l’histoire de l’établissement. Il nous a amenés à l’ancienne maison Pénicaud, maison bourgeoise, intégrée par une véranda au lycée et actuellement site des bureaux administratifs. Il nous a ouvert la porte d’une étonnante salle de réunion où trônait une magnifique cheminée en marbre. Il nous a donné quelques dates clés de la construction : le bâtiment A était un ancien couvent construit en 1891. . Le bâtiment C quant à lui fut édifié de 1960 à 1965. Enfin le bâtiment B, en rénovation de 1989 à 1991, fut inauguré par Lionel Jospin. Les formations enseignées, dans les années 80 étaient la couture, le secrétariat et la comptabilité. C’était un « lycée techniques de jeunes filles ».

Le hasard a voulu qu’en sortant du lycée un peu plus tard, nous rencontrions deux dames âgées de plus ou moins 80 ans et qui avaient été élèves à Valadon de 1942 à 1947. Elles nous ont appris qu’à cette époque, c’était un collège moderne et technique.

En remontant la rue François Perrin (du nom d’un professeur de l’école nationale professionnelle, martyr de la résistance pendant la seconde guerre mondiale) nous nous sommes arrêtés au « Multi-Food », (service de restauration rapide) récemment implanté à l’angle de la rue de Rochechouart. Nous pensions que ce commerce ne vivait que grâce aux étudiants des différents établissements scolaires aux alentours. Mais l’employé nous l’a démenti en expliquant que son commerce tourne autant avec les lycéens le midi qu’avec les riverains le soir.

Nous avons ensuite descendu la rue de Rochechouart. Sur notre chemin nous avons remarqué une structure d’accueil de jour médicalisée (Mutualité Haute Vienne), destinée aux personnes âgées et aux jeunes en déficience intellectuelle. L’ancien lavoir, qui fait l’angle avec le parking du lycée, est un lieu fréquenté par les jeunes comme les nombreux tags en témoignent. Nous aurions aimé rencontrer certains d’entre eux et leur demander pourquoi ils aimaient se retrouver ici, mais le lavoir était vide. Les élèves étaient en cours. Nous sommes remontés jusqu’à la rue François Perrin où un grand immeuble a attiré notre attention : il ne payait pas de mine mais son accès était sécurisé par une barrière. Un peintre en bâtiment qui travaillait là, nous a appris que ce bâtiment était une résidence pour personnes âgées. Nous avons continué notre périple jusqu’à l’ancienne annexe du lycée Valadon devenue l’école normale d’institutrice. Notre curiosité nous a amenés à appuyer sur toutes les sonnettes du portail car certains d’entre nous avaient cru apercevoir au loin une silhouette dans l’établissement. Sans réponse … la bâtisse serait elle hantée ?

Notre groupe a ensuite bifurqué dans l’avenue de Naugeat qui offre un contraste frappant avec la rue François Perrin. L’avenue est beaucoup plus calme et verdoyante, plus chic aussi. Du moins en apparence. De belles bâtisses luxueuse, possédant des gardes fous travaillés témoignent du passé bourgeois de la ville. De là, nous avons gagné la rue Sainte Claire, en passant par la rue Montaigut où un charmant jeune homme nous a appris que le Foyer des Jeunes Travailleurs à l’angle de cette rue avait été vendu et était en voie de rénovation pour un autre usage. En face, un Centre Communal d’Action Sociale accueille des personnes âgées dépendantes. De jeunes enfants chahutaient dans la cour de l’école maternelle toute proche. Nous avons imaginé que cette récréation bien vivante venait peut-être égayer la vie des résidents âgés.

Nos pas nous menèrent ensuite vers le lycée général et technique Auguste Renoir dans la rue Sainte Claire. Tout était tranquille presque désert aux heures de récréations. Nous avons envié à ces lycées l’ombre bienfaisante des arbres plantés tout autour de leur établissement. En tournant à l’angle, nous avons poursuivi vers le jardin Sainte Claire où des adolescents s’amusaient sur des structures de jeux ludiques tels que des toboggans, tunnels, balançoires colorés. C’est un vaste parc, très bien entretenu. Seul bémol : il est placé au bord d’une route très fréquentée et bruyante où les bus et voitures affluent.

Remontant vers le carrefour Beaupeyrat, nous avons remarqué de belles berlines stationnées sur le trottoir. Entre autres, une BMW Z3, triple soupape, turbo diesel D5. Nous nous sommes demandé pourquoi elle était là, comme abandonnée, sur le trottoir. Le quartier paraissait aisé : belles voitures, balcons spacieux, plaques de professions libérales. Pourtant l’une d’entre nous qui habite Limoges nous a dit que ces maisons étaient souvent occupées par des étudiants.

Au square des Émailleurs, vaste parc calme, ensoleillé, bien agencé, entouré de tilleuls, agrémenté de terrains de jeux pour enfants (basket, table de ping-pong, toboggan), les bancs étaient si accueillants que nous nous y sommes posés. Rien à voir avec le jardin Sainte Claire que nous venions de traverser. Un vieil homme décontracté promenait son chien tandis qu’une dame d’un âge certain à l’allure très sportive faisait son jogging. Elle évoquait une femme aisée qui, toute sa vie, a eu le temps de prendre soin d’elle. C’est peut-être elle et d’autres passants vêtus avec élégance qui faisaient croire que nous étions dans un quartier bourgeois de Limoges. Après notre halte, nous avons repris notre marche vers le lycée Turgot. Au premier coup d’œil la différence est frappante avec Valadon où nous étudions et le lycée Renoir. Turgot fait figure de prison alors que les abords de notre lycée sont accueillants. Les fenêtres du réfectoire sont grillagées, les murs gris et ternes. Le lycée n’a pas de parvis, quand on sort de l’établissement on se trouve directement sur le trottoir. Il est plus ou moins 11h30, plusieurs classes sont sorties. Les groupes, essentiellement composés de garçons, attendent sur le trottoir en discutant. Ils nous jettent des regards peu amènes, nous n’avons pas trop envie d’engager la conversation. Sur un panneau accroché au mur du lycée, nous découvrons les filières qu’il propose : électroniques, électrotechniques, génie mécanique. Des orientations qui nous font comprendre pourquoi les élèves sont surtout des garçons. Dommage qu’il y ait encore ce genre de clivage mais c’est une réalité historique encore bien présente dans ce quartier et qui se révèle entre ses trois lycées distants de quelques centaines de mètres. Le lycée Renoir, lui, étant plus mixte que les deux autres, peut être parce qu’il est plus récent. C’est étrange, quand même de constater que trois des lycées technologiques de Limoges se trouvent ici, à deux pas du carrefour Beaupeyrat, alors que les deux plus gros établissements d’enseignement général, « de prestige », sont au centre ville. Là, c’est d’un clivage social dont il s’agit.

Quittant les abords du lycée Turgot, nous avons retrouvé la rue François Perrin… La boucle était bouclée… Nous avons alors voulu entrer dans l’église du Sacré Cœur devant laquelle nous passons tous les jours. La porte était ouverte, nous espérions rencontrer le curé, il était malheureusement absent mais une dame était là, assise à un petit bureau juste après l’entrée marquée d’un panneau : Entrée Paroissiale. Nous lui avons demandé des informations sur l’Eglise, elle n’a pas pu nous répondre. Elle tenait juste une permanence mise en place pour éviter les vandalismes...

Après une pause déjeuner, nous sommes revenus au lycée Suzanne Valadon car nous avions rendez-vous avec Monsieur Priot, professeur d’histoire des arts qui vient juste de prendre sa retraite. Nous nous sommes installés dans la cour en face du bâtiment A. C’est là qu’il nous a conté l’histoire du lycée. Construit en 1891, le bâtiment A est le plus vieux bâtiment du lycée. Son architecture de granit et d’ardoise confirme que c’était un ancien couvent, ainsi que le vestige d’une arcade de l’ancienne chapelle conservée sur le parvis. Monsieur Priot nous a aussi révélé l’existence de souterrains datant de l’époque gallo-romaine sous le lycée. Ils servaient jadis d’aqueduc pour alimenter la ville de Limoges en eau. Nous sommes ensuite retournés à la maison Pénicaud avec notre guide. Elle fut donnée par cette famille bourgeoise en 1920 pour améliorer les conditions de vie de l’ancien collège féminin qui n’avait ni internat ni infirmerie. Jusqu’en 1979, l’établissement devenu lycée n’avait pas de nom. Pour en choisir un, il fallait trouver une femme célèbre, limousine et décédée. C’est ainsi que le lycée fut dédié à Suzanne Valadon, célèbre peintre venant de Bessines, ville au nord de Limoges à une trentaine de kilomètres. Une fois l’historique du lycée terminé, Monsieur Priot nous a expliqué d’où provenaient les différences entre les maisons et immeubles du quartier. Nous pensions qu’elles témoignaient de la diversité des classes sociales habitant le quartier. En effet, cela remonte au 19ème siècle. Il y avait alors des maisons bourgeoises construites en granit avec des toits en ardoises et de grandes fenêtres. A l’opposé, des maisons populaires bâties avec du torchis (paille mélangée avec de la boue), des toitures en tuiles et de petites fenêtres. En outre, les immeubles récents ont été, pour nombre d’entre eux, construits à la place des anciennes usines de porcelaine. Celles-ci faisaient vivre le quartier et ont fait la réputation de la ville de Limoges. Il reste aujourd’hui, rue François Perrin, un seul bâtiment d’usine qui sert d’entrepôt. L’Église, Sacrée Cœur, que nous croyions ancienne ne date que de 1937. Mais le square des Émailleurs, comme nous l’avions deviné, est bien le quartier de la grande bourgeoisie depuis le 19ème siècle.

Monsieur Priot nous a enfin appris que la ville de Limoges s’arrêtait jadis à la frontière de la place des Carmes : c’est le plus vieux carrefour de la ville. Il date de l’époque gallo-romaine. Le jardin d’Orsay, qui jouxte cette place, a été construit sur les ruines d’une arène. C’est un ancien couvent de religieux, appelés « Carmes », qui vivaient de la générosité des passants au 13ème siècle, qui a donné son nom à cette place.

Le lendemain, mercredi 22 septembre, nous avons concentré notre observation sur le jardin d’Orsay. La population est variée : des personnes âgées s’y promènent, des cyclistes font une halte pour se désaltérer, des enfants se distraient sur des chevaux de bois, de jeunes adolescents gambadent dans l’herbe, des couples s’enlacent sur les bancs publics. Belles images d’un midi ensoleillé et tranquille de début d’automne…

Des lycéens que nous interrogions sur leur choix de venir ici, nous ont répondu : « On kiffe se poser ici entre potes ». Nous ne l’aurions pas dit ainsi, mais c’est vrai que ça nous a plu, à nous aussi, de farnienter au soleil dans ce grand parc calme et convivial, à deux minutes du lycée.

Puis, nous sommes rentrés dans l’agence de la Caisse d’Épargne Place des Carmes parce qu’on peut encore y voir des vestiges du couvent : des statues et des récipients de terre cuite. Ce quartier aux alentours du lycée Valadon est fortement doté en banques : il y en a cinq au moins à droite de la place, en descendant vers le tribunal ; et aussi de nombreux petits commerces : petit casino, restaurants, pizzeria, auto écoles, salons de coiffure, boulangeries-pâtisseries, boucheries, traiteurs, fleuristes, cybercafés, photocopies, bars, tabac journaux etc. Le samedi matin, un grand marché draine ici de nombreux habitants de la ville.

Ainsi, le quartier que nous appelons « Valadon et ses alentours », bien qu’il vive en partie grâce au lycée, reste très attaché à son passé et à ses traditions. En témoignent les divers types d’habitats et d’architectures, les nombreux commerces ainsi que le marché et les vestiges historiques. Une population très dense et diversifiée se croise donc ici tous les jours pour faire de ce lieu, au bord de l’ancienne ville, un endroit très vivant et riche en surprises.

Cette enquête, fort enrichissante, nous a permis de voir le quartier sous d’autres angles et de lever les yeux sur une réalité qui n’est pas toujours évidente : notre lycée n’est pas le centre du monde ! Et la boucle est bouclée...


CARTE
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Photo
Square des Emailleurs
: Un des quartiers qui abrite la bourgeoisie de la ville, maisons cossues des années 1900
La maison Pénicaud Arcades du Lycée Itinéraire place des Carmes Square des Emailleurs Le jardin d'Orsay Un lycée en 3 dimensions et 3 arches Le 'pont du bateau et la capitainerie' Ah les bars étudiants, juste au coin de la rue !!! Et le 'Lavoir' derrière le lycée... Que de secrets abrités... Square des émailleurs Lycée TURGOT Quiosque à musique du Jardin d'Orsay 'Sous l'oeil de l'Ange'

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