Vêtements symboliques : couleurs de deuil et de pureté, rituels de naissance et mariages
publié par Classe de 6ème puériculture du collège La Fraternité, Bruxelles

ID :901

Pays :

Thèmes : Fêtes et célébrations
Croyances et religions
Vêtements et parures

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Description générale

Le vêtement symbolique est le nom donné par les élèves de 6ème Puériculture du collège La Fraternité à un ensemble de vêtements que l’on porte à l’occasion des fêtes de naissance, mariage ou funérailles. Ces élèves ont participé à un atelier d’ethnographie du vêtement et de la parure et elles ont exploré ce thème à travers des collages et un échange dans la classe. En voici la retranscription.

L’ethnologue : Qu’appelle-t-on selon vous un vêtement symbolique ?

C’est un vêtement qui reflète une croyance, une religion.

Un vêtement qu’on ne porte pas tous les jours, mais qu’à certaines occasions. Pour des cérémonies par exemple.

L’ethnologue : La robe de mariée sur le collage, elle symbolise quoi ?

Et bien le mariage

Non. Elle symbolise l’union.

L’ethnologue : Si on devait compléter notre série avec d’autres vêtements, que pourrions-nous ajouter ?

La robe de baptême

Le vêtement de deuil.

Oui mais alors, ce n’est pas le vêtement qui est le symbole. C’est la couleur.

Le noir, c’est le symbole de la tristesse pour les chrétiens. Mais pour les Musulmans, c’est le blanc.

C’est bizarre cette couleur, le blanc, parce que les mariées portent aussi des robes blanches.

L’ethnologue : Le noir ou le blanc, vous disiez que ce sont des symboles de tristesse. Mais la tristesse, elle vient…

Elle vient du deuil.

L’ethnologue : Donc, selon sa culture, on porte différemment le deuil.

Mais tout est différent. Pas seulement la couleur du vêtement. Chez les Musulmans, on dit que tu ne peux pas pleurer une personne décédée.

Ce n’est pas vrai. Tu peux pleurer mais pas crier, te donner en spectacle. Mais bien sûr que tu peux pleurer. Le Prophète a bien pleuré sur ses enfants. Mais ce n’est pas la peine d’en faire trop. Dieu donne la vie, puis il la reprend.

Aussi, chez nous au Maroc, on ne peut pas préparer la cuisine dans la maison d’un mort. Les proches apportent le repas. La veuve ne peut rien faire. Elle porte le deuil pendant quarante jours.

Une élève d’origine africaine : Chez nous, les veuves se rasent les cheveux. Et l’alliance, nous la déposons dans le cercueil. La mort nous sépare. Alors voilà…

Cette couleur, le blanc, c’est tout de même bizarre. Pour le baptême, l’enfant est souvent en blanc.

Et pour la circoncision, le petit garçon porte une djellabah blanches, des babouches et un petit chapeau rouge ou vert. On l’appelle tarbouche.

Je me souviens qu’en Inde, la couleur du bonheur, c’est le rouge. On le voit dans les films indiens.

Une élève d’origine africaine : quand j’ai accouché de mes jumelles, un oncle paternel vivant au Sénégal m’a offert une blouse bleue toute brodée. Le bleu, c’est la couleur du bonheur, il voulait me souhaiter du bonheur avec mes jumelles La blouse brille pendant la nuit. Dessus sont aussi brodés plein de petits bouts de tissus de toutes les couleurs.

L’ethnologue : C’est un vêtement que tu as porté pour le baptême de tes filles ?

Non. Uniquement pour les présenter à l’église. Je suis pentecôtiste. Chez nous, on est baptisés à l’âge adulte. Quand on sait ce que ça signifie.

Tu parlais tout à l’heure de la robe blanche de la mariée. Mais dans les mariages musulmans, tu ne portes pas que cette robe là. Tu en as plusieurs que tu portes à différents moments. Pour cela, il faut demander à Myriam.

L’ethnologue : Pourquoi ?

Je me suis mariée l’an dernier. Et j’avais trois robes. On les porte selon un ordre à respecter. Ma première était une robe blanche traditionnelle, ornée de perles et de strass. Elle s’appelle amira. Et on la loue à une ziana. La ziana, c’est la personne à qui on loue tout ce qu’il faut pour le mariage : les robes, les coiffures, le trône de la mariée. Ma robe amira, je l’ai portée une demi-heure, le temps d’aller saluer tout le monde avec la ziana et de faire les photos de mariage. Ma deuxième robe, c’était une robe Sissi, couleur vert émeraude. On dit que c’est une robe Sissi parce qu’elle est très près du buste et de la taille, on dirait presque un corset. Puis elle se lâche, très large. Avec la robe Sissi, j’ai dansé jusqu’à deux heures du matin les danses orientales. Il y avait des dakka marakchia, des musiciens : tambours, flûtes, etc. Ma troisième robe, c’était une robe de mariée. C’est ainsi que je l’appelle. Elle était blanche comme on voit sur le collage. Je l’ai aussi louée à la ziana. Cette robe de mariée, je l’avais aussi portée pour le cortège vers trois heures de l’après-midi et pour les photos de mariage dans un parc.

Le mariage chez nous, il dure trois jours. On a le temps de changer de robe.

Tu n’as pas parlé de la cheaddah ?

Non parce que la cheaddah, c’est pour chez Arabes du sud et pas chez les Rif au nord.

L’ethnologue : Qu’est-ce que la cheaddah ?

C’est une robe traditionnelle qui montre que tu es vierge.

L’ethnologue : une robe blanche également ?

Non, pas du tout. Elle est verte ou rouge et on la porte avec des colliers dorés et une sorte de grande couronne.

Ce n’est pas pour les Rif

C’est arabe : Tanger, Tetouan, Fez.

Oui, c’est arabe. On ne l’utilise pas chez les Rif qui habitent au nord, dans les montagnes.

Il y a aussi la robe au henné de la fiancée, la robe qu’elle porte quand la nakkacha arrive.

L’ethnologue : qui est la nakkacha ?

Celle qui fait le henné de la fiancée, les motifs sur les mains et les pieds.

Comment est cette robe ?

Tout le décor pour le henné est vert et blanc : les tissus, les bougies, la robe

L’ethnologue : pourquoi ces couleurs ?

Le blanc pour la pureté. .. Le vert, je ne sais pas.

L’ethnologue : Donc le blanc, c’est aussi symbole de pureté

De pureté, de purification.

Il y aussi le drap qu’une sœur, une tante, une cousine heureuse en mariage, enroule autour de la fiancée.

Ce n’est pas un drap, c’est un voile en dentelle

C’est pour donner à ta sœur, ta cousine qui se marie le bonheur que toi tu as de ton mariage.

Chez moi, à Tanger, on a cette coutume.

C’est arabe ça. C’est de la superstition. Tu ne donnes pas le bonheur ainsi. C’est même un péché.


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