cité1
publié par Lycée Suzanne VALADON

ID :1625

Pays : France

Datation :00/00/0000

Thèmes : Aucun thème

Mots-clef : Aucun mot-clef

Description générale

Nous sommes parties du lycée Suzanne Valadon aux environs de 9h du matin, en remontant la rue François Perrin vers la Place des Carmes, puis en empruntant la rue des Arènes afin d’arriver place d’Aine. Nous avons continué en direction de la place de la Motte où nous nous sommes arrêtées quelques secondes pour admirer un trompe l’œil légendaire. Ce dernier représente des maisons en colombage avec des personnes assises à la fenêtre, le regard porté sur les passants, à coté, un village typiquement français. Puis nous avons emprunté la rue du Clocher, où, sur notre gauche, l’Eglise Saint Michel des Lions a attiré notre attention du fait qu’elle soit implantée dans une rue plutôt commerciale. Ensuite, nous avons rejoint la rue Jean Jaurès, puis longé la place de la République.

Au fil de notre chemin, nous observions que la ville était encore endormie, les rues étaient désertes, les commerces fermés. Puis nous avons emprunté le boulevard Georges Perrin qui passe devant le lycée Gay Lussac et nous nous sommes arrêtées à l’office de tourisme dans le but d’obtenir de la documentation sur le quartier de la Cité. Nous avons ensuite descendu la rue du 71ème Mobile pour arriver boulevard de la Cité, de là, nous sommes parvenues dans la rue des Allois. Ce qui nous a fait prendre conscience que nous étions dans ce quartier de la Cité, c’est d’abord les panneaux de signalisation affichant « Cathédrale, Jardin botanique, Musée de l’Evêché, la Cité, et Hôtel de région ». Mais c’est aussi le passage de la route goudronnée aux pavés, les maisons à colombages, les ruelles qui deviennent de plus en plus étroites, difficilement accessibles aux véhicules.

Dans cette petite rue « la rue des Alois », nous avons été surprises de voir une grande benne et des échafaudages, signes de la rénovation en cours. Puis nous avons contemplé les vitrines de deux petites boutiques : l’une la « Clinique de la poupée » qui redonne vie à des poupées détériorées. Et l’autre, une boutique de plaques signalétiques que l’on pouvait personnaliser à son gré, en mettant nos prénoms, des phrases d’amours ou encore humoristiques. Au bout de cette rue se trouvait la place Haute Cité, bordée de petits commerces et de nombreux bistrots, tous différents, témoignant d’une diversité surprenante : Bar « l’Irlandais », crêperie « de la cathédrale », armes anciennes « arquebuserie Saint Domnolet, antiquaire, bouquiniste, architecte, ainsi que l’association du « Secours Catholique »etc.

Trois d’entre nous sont parties rencontrer le bouquiniste dans sa boutique « un livre pour voyage ». Quand nous sommes rentrées dans ce lieu, l’endroit nous a semblé étroit mais typique avec ces grandes étagères remplies de livres empilés les uns sur les autres et poussiéreux. Le bouquiniste nous appris qu’il était installé dans le quartier depuis seulement 4 ans mais qu’en si peu d’années il a vu pas mal de changements. Il nous dit en effet que cette rue, calme mais dynamique grâce à ses petits commerces, devenait de plus en plus déserte à cause des fermetures de magasins qui s’installent ailleurs. Cependant, d’après lui, le quartier se réveille le soir pour accueillir les 500 étudiants des environs. La vie et la convivialité de ce quartier sont en effet légendaires à leurs yeux grâce aux nombreux bistrots d’ambiance de la place. Notre bouquiniste nous fit longuement part de son ressenti vis-à-vis des rénovations qui, malheureusement durent depuis de nombreuses années. En effet, pour lui, ce fut et c’est encore un véritable « calvaire ». Ce serait la cause des fermetures des petits commerces et de la désertification de la place. En outre le fait qu’il n’y ait plus de parking pour se garer n’arrangerait pas le négoce qui ne prospère qu’une fois par mois, au moment des « Puces de la Cité » qui amène de 5000 à 6000 exposants et visiteurs. Pendant ce temps là, trois autres d’entre nous frappaient à la porte d’un cabinet d’architecte. Il nous accueillit aimablement. Jeune architecte, il s’était installé 3 ans plus tôt. Les murs de son cabinet étaient tapissés de meubles emplis de dossiers. La pièce paraissait petite, sans être trop chargée. L’architecte nous apprit que la place de la Cité ainsi que le musée avait été entièrement rénové. Par la suite, il nous relata l’histoire de la Cité en précisant d’abord qu’il y avait jadis deux Limoges : la ville autour de la cité et celle autour du château. Il alla chercher trois documents qu’il nous expliqua : des planches dessinées représentant l’évolution de la ville de l’époque gallo-romaine jusqu’au XIIIème siècle. Nous avons compris que c’était un quartier très ancien, le quartier fondateur de Limoges. Aujourd’hui, la Cité est un « petit noyau à part », implanté dans la ville. Selon l’architecte, quand les travaux du musée seront finis, le lieu devrait se redynamiser.

Nous avons fait ensuite une ballade dans le jardin botanique de l’évêché, qui jouxte le musée, ou promeneurs et jardiniers se croisaient en toute tranquillité.

En début d’après-midi, nous nous sommes rendues au service de l’urbanisme de la mairie (qui touche le quartier de la Cité) où nous attendait Monsieur S. avec qui nous avions pris rendez-vous. Il nous apprit que les travaux duraient depuis déjà 40 ans, qu’ils s’étaient divisés en plusieurs tranches. En effet, ils ont commencé dans les années 70, avec pour objectifs des opérations de restauration, puis dans les années 80, avec l’amélioration de l’habitat. Aujourd’hui, les travaux se tournent plutôt vers la restauration des canalisations ainsi que la réhabilitation des souterrains. Selon lui, les travaux se sont bien passés, dans le sens où ils ont été échelonnés, et cela a permis d’éviter les tensions avec les habitants du quartier…. Pour lui, ces rénovations n’ont pas pour objectif de ramener l’animation mais plutôt d’en faire un lieu culturel et historique (l’esthétique primerait-il sur le social ?) Cependant il reconnaît que certaines activités, telles que la fabrication d’émaux et la vente de porcelaine, ont été mises en avant, pour essayer de redonner du vivant à ce quartier. Malheureusement, le succès d’une telle entreprise laisserait à désirer faute d’une animation suffisante… Notre périple s’arrêta là pour ce 1er jour d’enquête car nous devions retourner au lycée pour mettre en mots nos investigations.

Continuant notre exploration, nous ne pouvions manquer le bureau des « Compagnons du Tour de France », situé à proximité du Musée de la résistance, derrière la cathédrale. Les Compagnons s’occupent en effet des rénovations. Nous avons été gentiment accueillies par le formateur Monsieur R. Souriant, il nous a expliqué que les compagnons avaient rénové ce quartier, en particulier les vielles bâtisses en ruines. Ces restaurations ont duré plus de 25 ans et ont été « rock and roll » pour reprendre ses termes, car il semblait improbable de pouvoir redonner forme et consolidation à ces « cabanes ». Cependant ne se laissant pas décourager pas l’état délabré du quartier, les Compagnons du Tour de France se sont retroussés les manches et ont réussi à redonner sa fierté au quartier. Encouragés par ce succès, les propriétaires des maisons voisines se sont mis à rénover leurs habitats. En résumé, les Compagnons du Tour de France, ont été les moteurs de cette rénovation et ont réussi à sauver le quartier de la Cité. Après nous avoir raconté les transformations architecturales, ils nous ont parlé de l’impact de ces travaux sur la population, confirmant que ce quartier était autrefois habité par des ouvriers et que les rénovations avaient été la cause des modifications de la typologie des habitants. C’est aujourd’hui un quartier « chicos » mais surtout habité par des étudiants et des personnes âgées….Ensuite pour nous montrer l’étonnante résurrection du quartier, il nous a amenées voir des photographies anciennes et nous avons pu mesurer l’énormité de ce travail assidu et minutieux. Pour terminer, le formateur nous a conduites dans la résidence des compagnons, une maison qu’ils ont entièrement rénovée. Cette rencontre a été très importante pour nous : nous étions heureuses d’avoir rencontré ceux grâce à qui ce quartier a retrouvé son charme et sa fierté.

Voulant en savoir plus sur l’évolution des habitants du quartier, nous avions le projet d’aller interroger des ouvriers de l’usine de porcelaine « Royale Limoges » juste en contrebas du quartier, sur les bords de Vienne. Mais il eut fallut plus de temps. Nous avons juste appelé une employée qui nous a donné quelques renseignements. Elle nous a confié que l’effectif des salariés avait largement diminué. Étant au bord de la faillite, ils sont désormais obligés de brader leur porcelaine et il est même question de rachat par une grande firme, peut-être pour faire un musée. Cette usine, jadis des plus prestigieuses, ressemble aujourd’hui à une friche industrielle. Pourtant elle a conservé tous les moules qui ont servi, depuis sa création, à fabriquer les légendaires porcelaines d’hier et d’aujourd’hui : de vrais trésors historiques dont la modernité ne semble pas estimer la valeur. Sur les deux mille ouvriers de la porcelaine et de leur famille, qui habitaient le quartier de la Cité dans les années 70, il en reste très peu maintenant. Une page est tournée dans le quartier de la cathédrale. Il vit aujourd’hui une autre ère : celle de la restauration qui, à défaut de lui donner une aura populaire l’inscrit dans la protection du patrimoine en lui gardant un attrait indéniable.


CARTE
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Photo
Etat de grand délabrement dans les années 1980
'Misons à pans de bois' Un magasin d'enseignes anciennes Les 1er restaurateurs du quartier Etat de grand délabrement dans les années 1980 Aujourd'hui restauré Le jardin botanique, des espèces des plus rares Les jardins de l'Evéché surplombant la Vienne Limoges et ses porcelaines légendaires Façade en trompe l'oeil place de la Motte plan de 'La Cité' images d'archives Les maisons en contrebas Le N°2 de la Rue Haute Cité

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